VII La diversité culturelle contre le formatage des esprits



Les néolibéraux ont parfaitement compris que ce sont aussi les idées qui gouvernent le monde. Leur propagande tend à faire intérioriser celle selon laquelle la mondialisation est non seulement inévitable, mais souhaitable, et que l’on ne peut que s’y adapter en attendant qu’elle répande un jour ses bienfaits à tous. Et si elle tarde à le faire, c’est justement parce qu’elle est encore incomplète…

Il reste que le bourrage de crâne néo­libéral que nous subissons depuis plus d’un quart de siècle se heurte, partout dans le monde, à la réalité vécue par la grande majorité des citoyens. D’où la nécessité où il se trouve de se légiti­mer en se donnant un accompagnement « culturel ». Les néolibéraux voient en effet dans les Cultures et les langues, de même que dans les croyances religieu­ses, les convictions politiques et idéo­logiques, des éléments qui font obstacle à la circulation des marchandises et des services, en tout premier lieu des servi­ces audiovisuels. Leur idéal humain est celui d’un consommateur s’épanouissant dans un Disneyland partout identique.

C’est pourquoi les États-Unis sont aussi virulents dans la promotion de leurs industries des images et du diver­tissement, qui a comme triple effet de contribuer en positif à leur balance com­merciale, de propager une vision idéalisée de l’American Way of Life, et d’empê­cher les créations culturelles véhiculant un imaginaire spécifique. Cette politique a son volet linguistique : l’imposition de l’anglais, langue de la globalisation, com­me vecteur unique de la communication internationale.

Le refus de ce qu’il faut bien ap­peler un impérialisme culturel et lin­guistique est une des composantes essentielles du combat contre le néo­libéralisme. Comme l’est, par voie de conséquence, la promotion de la di­versité des cultures (dès lors qu’elles ne sont pas en contradiction avec les droits humains), ainsi que des langues, en particulier par la coopération entre les grandes zones géolinguistiques : arabophonie, francophonie, hispano­phonie, lusophonie, etc.

Mesures

98. Application stricte du règlement linguistique de l’UE faisant obligation de rendre disponibles tous les documents officiels dans chacune des langues officielles de l’UE. Invalidation automatique de toute décision résultant de délibérations où ces conditions n’auraient pas été réunies.

99. Obligation faite à la BCE de publier tous ses documents dans chacune des langues des pays membres de l’Eurogroupe.

100. Augmentation substantielle des budgets des programmes culturels (livre, cinéma, etc.) de l’UE impliquant des traductions.

101.Reconnaissance du droit de chaque citoyen à travailler dans la langue de son pays, et mise en application immédiate de ce droit par la France. Ce qui implique notamment que doivent être rédigés ou disponibles en français : les contrats de travail, les brevets, les documents internes aux entreprises, les notices d’emploi de tous les produits vendus sur le territoire national.

102. Respect du droit à l’information et du droit d’informer, ce qui passe notamment par :
- des mesures draconiennes anti-concentration ;
- la suppression de la publicité dans le financement des radios et télévisions publiques, le manque à gagner étant comblé par des prélèvements sur les recettes publicitaires des chaînes privées ;
- la déprivatisation de TF1 par le non renouvellement de sa concession hertzienne ;
- des aides publiques aux chaînes et radios associatives ;
- l’interdiction de la participation des entreprises bénéficiant de marchés publics au capital des chaînes et stations privées ;
- la création d’un statut d’entreprise de presse à but non lucratif.