Mesure 28 : Réforme des normes de financement du FMI et de la Banque Mondiale



Mesure 28

Action conjointe des Etats membres de l’U.E. siégeant aux conseils d’administration de la Banque Mondiale et du FMI pour imposer des normes de financement compatibles avec la stabilité économique des pays « bénéficiaires » des aides, et fixant des objectifs écologiques et sociaux

La Banque Mondiale et le FMI prêtent (ce qui permet d’ailleurs de sauver les créanciers - souvent privés - du Nord) à condition que le pays concerné accepte de mener la politique décidée par leurs experts : ce sont les fameuses conditionnalités. En un mot, la politique économique de l’État endetté passe sous contrôle du FMI et de ses experts ultra-libéraux. Là se situe l’apparition d’une nouvelle colonisation : une colonisation économique. Même plus besoin d’entretenir une administration et une armée coloniale sur place, le mécanisme de la dette se charge tout seul de gérer la dépendance. Les crédits ont souvent financé des méga-projets énergétiques ou d’infrastructures (barrages, centrales thermiques, oléoducs...), très souvent inadaptés et mégalomaniaques. Le but n’était pas d’améliorer la vie quotidienne des populations sur place, mais plutôt de parvenir à extraire les richesses naturelles du Sud et les transporter facilement vers le marché mondial. Les prêts vont aussi en priorité à l’aide liée. L’argent sert alors à acheter des produits fabriqués par les entreprises du pays créancier, contribuant à redresser sa balance commerciale. Les besoins réels des populations passent au second plan. Des réformes en profondeur de la politique des institutions financières internationales sont donc nécessaires et les Etats de l’UE doivent se coordonner pour défendre de telles positions afin d’obtenir notamment que les financements soient octroyés dans des conditions satisfaisantes et utilisés en faveur du développement durable.