Une autre recherche pour un autre monde

Par la Commission Europe



Mesure 75 : « Intégration de la politique nationale de recherche dans une perspective européenne avec comme objectif de porter l’effort de recherche à 3 % du PIB européen ».

Une autre recherche pour un autre monde

L’effort de recherche français, public et privé confondus, fluctue depuis plus de 10 ans autour de 2,2 % du PIB et celui de l’Union européenne est inférieur à 2 % ; contre plus de 2,5 % aux Etats-Unis et environ 3 % au Japon. Le Conseil de Barcelone (2002) a fixé comme objectif une augmentation des dépenses de recherche européenne permettant d’atteindre 3 % du PIB à l’horizon 2010, grâce, notamment, à un financement du secteur privé plus important (2/3 des dépenses contre 55 % en 2000). Cet objectif - qui sauf à la marge est resté au stade du vœu pieux - s’inscrit dans la stratégie de Lisbonne définie en mars 2000 par le Conseil européen et visant à faire de l’Union européenne l’économie de la connaissance « la plus compétitive au monde d’ici à 2010 ».

Si nous partageons cet objectif de 3 % du PIB, en revanche nous n’en partageons pas les raisons. Pour nous les activités humaines doivent, au contraire, se libérer de l’étau de la compétitivité internationale, se tourner vers la résolution des questions écologiques, vers la satisfaction des besoins sociaux et culturels, au Nord et au Sud, et vers la conquête de droits pour toutes et tous. L’activité de recherche n’y échappe pas car elle est un incontournable sous bassement de cette réorientation générale qu’il faut opérer. C’est cela qui motive notre objectif d’une augmentation à 3 % du PIB de l’effort de recherche de l’Union européenne. Nous sommes donc sur une position située à l’antipode de celle définie à Lisbonne puis à Barcelone par les gouvernements des pays membres de l’Union européenne ; mais sur une position néanmoins clairement située dans une perspective européenne, car ce n’est qu’à cette échelle que peuvent se dégager des marges de manœuvre permettant d’opérer la réorientation générale qui nous sortira de l’impasse libérale.

Une perspective européenne car, en outre, à ce niveau peuvent se nouer des partenariats indispensables au développement de la science, comme nous avons pu le voir avec le CERN, EMBL, etc. « L’accélération de l’évolution technologique et le coût des équipements ne permettent plus à un pays comme la France de s’équiper seul au meilleur niveau dans tous les domaines. Seuls des cofinancements nationaux et européens (Programme-Cadre, Fonds structurels, engagement de la Banque européenne d’Investissement…) permettront aux pays européens de se doter des outils indispensables au développement de la Recherche et à l’accomplissement de ses missions. » (Etats généraux de la recherche, rapport d’octobre 2004, Grenoble).

Toutefois, les partenariats européens ne doivent pas se faire au détriment de collaborations avec des laboratoires et des chercheurs d’autres continents, et en particuliers avec ceux des pays du Sud. Le développement de ces collaborations est un impératif devant s’inscrire dans une refonte des rapports Nord Sud. Une refonte sans laquelle l’espoir de voir l’humanité se solidariser pour faire face à la crise écologique globale serait vain. Une refonte sans laquelle nous entrerions dans une crise globale, loin des idéaux de paix et de démocratie.